UNE PLATEFORME ÉLECTORALE EN GESTATION (BIG-BANG A LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE)

La Majorité présidentielle commence les grandes manœuvres en prévision de prochaines élections. Face aux enjeux qui pointent à l’horizon, la famille politique du chef de l’Etat n’entend pas rester sur la défensive, il est plutôt question de passer à l’offensive en prenant toutes les dispositions pour que le grand rendez-vous de décembre 2016, si jamais le glissement n’était pas à l’ordre du jour, ne consacre pas l’avènement d’une alternative incarnée par l’Opposition politique. Car, il ne suffit pas de prendre le pouvoir ou de l’exercer, encore faut-il être en mesure de le garder. Très visiblement, quel que soit le cas de figure, certains ténors de la Majorité voudraient être prêts à tout dans l’optique de la conservation du pouvoir. C’est le sens qu’il faut donner au décor en préparation en prévision des élections.
Une Plateforme électorale en gestation au sein de la Majorité présidentielle. C’est en tout cas ce qui ressort de certaines indiscrétions glanées dans certains états-majors politiques. L’on pourrait, très bientôt, assister à un nouveau regroupement politique dont les ténors se recruteraient parmi les sociétaires de la Majorité présidentielle (MP).

Si, en 2008 et en 2011, la Majorité avait comme principal cheval dans la course, Joseph Kabila pour la bataille présidentielle, cette fois-ci, le tableau devrait se présenter autrement. Car, au terme de la Constitution du 18 février 2006, après deux mandats successifs à la tête de la RDC, le Raïs ne devrait plus se représenter. 

Que faire alors dans ce cas de figure ? C’est sans doute cette préoccupation qui pousserait certains majors de la MP à lancer une nouvelle plateforme électorale. Surtout parce qu’il ne faudrait pas qu’au cas où Joseph Kabila serait hors course, que sa famille ne se limite à verser des larmes après avoir géré le pays pendant deux législatures. Bien au contraire, il faut se battre.

Or, les élections, surtout celle présidentielle, se prépare au minimum un an à l’avance. Voilà donc qui aurait poussé certaines personnalités de la Majorité présidentielle actuelle à envisager la création d’une nouvelle plateforme électorale, car l’article 220 ne frappe pas la Majorité présidentielle, mais seulement la personne exerçant le pouvoir qui ne peut faire plus de deux mandats successifs à la tête de la RDC. 

La meilleure défense, comme indique un jargon footballistique, étant l’attaque, il fallait prendre les taureaux par les cornes pour mieux se préparer au combat. En fait, c’est la même démarche qui commence toujours par un groupe de personnalités avant d’associer tout le monde en prévision de la sortie officielle consacrant l’opérationnalité de la nouvelle équipe entrant en fonction.

NI FRONDE, NI RÉBELLION, MAIS UNE STRATÉGIE ÉLECTORALE

Cette démarche visant de nouveaux enjeux électoraux, confie-t-on, n’est ni une fronde, ni une rébellion, encore moins une renonciation à la formule actuelle qui découlerait de ce que certains qualifient de fissures au sein de la Majorité présidentielle. Il s’agit seulement d’une stratégie électorale dans la mesure où elle serait de nature à permettre à la Majorité actuelle d’être prête le moment venu. Or, ce moment n’est plus loin, parce que 2016 c’est déjà demain. 

D’ailleurs, pour un pays continent comme la RDC, ainsi que le renseignent les expériences de 2006 et 2011, une élection se prépare au moins pendant une année. Il n’est donc pas exclu que, dans les prochains mois, la toute nouvelle plateforme appelée à remplacer la Majorité présidentielle électorale voie le jour pour la bataille.

Mais, de qui sera composée la nouvelle plateforme électorale ? Il ne devrait sans nul doute pas y avoir beaucoup de surprises. Un peu comme lors de la création de la Majorité présidentielle en lieu et place de l’Alliance de la Majorité présidentielle. Il s’agira certainement d’une très bonne partie des personnalités et partis politiques proches du chef de l’Etat. 

D’autres partis n’ayant pas appartenu à l’actuelle famille politique du chef de l’Etat y figureront-ils ? En politique, rien n’est impossible. Mais, l’absence de Joseph Kabila ne contribuerait-il pas à fragiliser la Majorité ? Pas nécessairement parce que ses partenaires politiques, en cas de son absence à la présidentielle, auront ainsi un grand défi à relever : celui de conserver le pouvoir en optant pour un autre cheval capable de remporter la course.

METTRE LES BOUCHÉES DOUBLES POUR UNE TROISIÈME VICTOIRE

Il reviendra à la nouvelle plateforme électorale de mettre les bouchées doubles pour permettre à la famille politique de l’actuel chef de l’Etat de gagner, pour la troisième fois, la bataille présidentielle, tout en s’efforçant de gagner également la bataille législative pour continuer à gouverner. 

Bien entendu, au cas où Joseph Kabila se soumettrait aux prescrits de la Constitution de la RDC en ne briguant pas un troisième mandat, l’Opposition pourrait facilement croire que son heure serait enfin venue. Mais, la division a toujours régné dans son camp. Elle pourrait tout aussi, s’amplifier surtout si les violons, une fois encore, ne s’accordent toujours pas. 

Or, dans les rangs de la Majorité présidentielle, on prend déjà la situation à cœur pour être prêt à faire face à toute éventualité. A cette allure, les choses ne font donc que commencer.

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